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Bonjour. Je me présente, Jim Leaviss de chez M&G Investments. Je suis là aujourd'hui pour vous présenter nos perspectives du second semestre 2015 pour les marchés obligataires. Comme vous le savez, 2015 a jusqu'à présent été caractérisée par de nombreuses baisses des taux par les banques centrales du mondes entier des craintes déflationnistes, une forte volatilité de certains marchés des changes et bien évidemment, l'annonce par la BCE d'un programme d'assouplissement quantitatif illimité. Jusqu'à maintenant, l'année avait été excellente pour les marchés obligataires mais les dernières semaines ont été témoin d'une certaine nervosité et d'une nouvelle hausse des rendements. Je pense que cela pourrait bien continuer. Et il semble que la Fed va finalement pouvoir commencer à relever ses taux d'intérêt, en septembre ou en décembre cette année. La principale raison est les salaires qui ont commencé à augmenter aux États-Unis. Et nous observons aussi certaines pressions dues à la fin de la baisse du prix du pétrole et aux logements en raison de la forte hausse des loyers outre-Atlantique. Ainsi, l'heure n'est pas vraiment à la détente. La Chine connaît un ralentissement et exporte de la déflation. Sans oublier évidemment les problèmes persistants de la Grèce. Dans ce contexte, la très forte augmentation des rendements des emprunts d'État intervenue ces dernières années pourrait donc bien prendre fin. Durant les sept dernières années, le marché n'a cessé de se tromper sur la Fed en anticipant toujours des relevèments de taux sans qu'aucun n'ait effectivement lieu. Aussi, en quoi cette fois-ci est-elle différente ? Eh bien comme je l'ai déjà dit, les salaires augmentent. Et nous observons des pressions sur les prix ailleurs. Mais la chose la plus importante est que la Fed veut à tout prix en finir avec des taux d'intérêt proches de zéro. Certes, elle craint la Grande Dépression et les erreurs commises à l'époque par les banques centrales et les autorités. Mais, elle souhaite réellement le retour de l'inflation. Et jusqu'à présent, cela n'a pas été le cas aux États-Unis. En effet, le jour de janvier où la BCE a annocé son "QE" illimité la même mesure de l'inflation aux États-Unis était inférieure à celle de la zone euro. Ainsi, au regard notamment de l'émergence des pressions salariales et de la hausse de 3% à 4% par an des loyers des logements, je pense qu'on peut être relativement optimistes en estimant que la fin de l'inflation négatifs observés aux États-Unis devrait approcher. Et cet environnement offre à la Fed l'excuse dont elle a besoin pour ne plus laisser ses taux à zéro. Comme tout le monde, nous avons été surpris par le résultat des élections législatives au Royaume-Uni. Je pense que personne n'avait prédit une majorité absolue pour les conservateurs. Qu'est ce que cela signifie pour les marchés obligataires ? Et bien, d'un côté, nous avons échappé au scénario-catastrophe d'un gouvernement de coalition très fragile avec les travaillistes et qui aurait pu s'effondrer en quelques mois. Et je ne pense pas du tout que les marchés obligataires ou des changes auraient apprécié cela. D'un autre côté, un gouvernement conservateur apporte certes une stabilité pour les marchés obligataires, mais il s'accompagne aussi de la menace d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, peut-être dès 2016 ou 2017. Il va y avoir un référendum. Pour l'instant, il semble que les Britanniques voteront pour rester dans l'UE, mais ne pouvons en être tout à fait sûrs. La semaine dernière le S&P a indiqué être susceptible de dégrader la notation de crédit du Royaume-Uni. en raison simplement de l'instabilité qui pourrait être causé en cas de sortie du pays. Et nous sommes d'accord, elle serait très préjudiciable aux perspectives économiques du Royaume-Uni. Quel pourrait en être l'impact ? Eh bien, les rendements obligataires pourraient alors s'orienter à la hausse. Mais, les vraies répercussions seraient selon moi observées sur le marché des changes. Nous nous inquiétons du déficit de la balance courante du Royaume-Uni depuis un certain temps déjà. Il est à un niveau record de près de 6 % du PIB. Et il faut généralement de très sérieux événements pour provoquer une baisse de la livre sterling, à l'image notamment des années 70 avec le sauvetage du Royaume-Uni par le FMI, de la sortie du pays du MCE ou de la grande crise financière. Un catalyseur propice à une dépréciation de la devise britannique pourrait bien être quelque chose comme un référendum sur un « Brexit ». C'est pourquoi nous demeurons quelque peu nerveux à l'égard de la livre sterling que nous sous-pondérons sensiblement dans nos portefeuilles. Compte tenu de notre bien plus grand optimisme à l'égard des économies mondiales à l'heure actuelle, comment cela se traduit-il dans le positionnement de nos fonds ? Premièrement, par une duration courte. Par rapport à leurs points bas touchés plus tôt cette année, les rendements des emprunts d'État ont en effet déjà augmenté. Et, selon nous, ils devraient continuer à le faire au fur et à mesure que l'on se rapproche du premier relèvement des taux par la Fed. Donc, une duration courte. Ce contexte implique également que nous préférons les obligations à taux variable à celles à taux fixe. Les titres à taux variable ont des coupons qui s'ajustent à la hausse à mesure que les taux d’intérêt augmentent. Dans le même temps, et pour la première fois nous identifions des opportunités parmi les obligations indexées sur l'inflation. Les investisseurs ont tellement été incités à penser que la déflation serait là pour toujours dans la zone euro qu'ils n'ont pas pris la peine d'étudier les valorisations dans cette classe d'actifs. Selon nous, il est possible d'acheter de la protection contre l’inflation très très bon marché dans de tels actifs. Les obligations d'entreprises restent intéressantes. On est encore plus que rémunéré pour le risque de crédit et c'est véritablement ce qui compte comme vous le savez, comme tous les investisseurs obligataires le savent. Mais, la diversification est cruciale et il est important de faire très très attention à la liquidité. Comme nous le savons tous, les conditions de liquidité ne sont en effet plus aussi bonnes qu'il y deux ans de cela. Enfin, sur le front des devises, nous favorisons le dollar américain car c'est aux États-Unis que les taux vont augmenter et les flux de capitaux se rediriger. Nous n'apprécions pas le yen japonais car nous prévoyons une poursuite de la politique d’assouplissement quantitatif au Japon, ni la livre sterling en raison du déficit important et persistant de la balance courante du pays. Pour de plus amples détails sur les différents sujets abordés, n'hésitez pas à vous rendre sur notre blog à l'adresse bondvigilantes.com. Merci beaucoup.